Télephone Arabe
Mohamed ayant perdu tous ses clients erre.
Devenu « misérable » il espère – Inch’Allah – des jours meilleurs. Alors il passe le temps à laver la voiture à l’aide d’une bouteille et d’un chiffon. Il faut que ça brille. Puis il s’assied à coté de moi, m’accompagne faire les courses à Marjane. Porte les paquets. Soudain :
Arrête moi ici.
Ah ?!
J’ai à faire.
Nous sommes loin de tout. Il disparaît. Je ne le reverrais que le lendemain.
Abdel impossible à joindre au téléphone. Je lui ai pourtant offert un portable. Léger, ergonomique, peu cher. Mais…mais… pas « in », ni « dans le vent », « pas à la mode, quoi ! ». Aussi en exhibe-t-il un autre qu’il prétend– ce qu’il dit à Fatima – avoir acheté trois mille Dirhams !
Tous, à l’instar d’Abdel, des plus jeunes aux plus âgés, ont un téléphone portable. Tous veulent le plus récent, le plus petit miniaturisé ou …waterproof – Allah vont-ils plonger pour te téléphoner ?! – Chacun le portable collé à l’oreille, le manipule, change la musique de réception. En réalité très peu téléphonent. Ils ont acheté une carte pour avoir un numéro, ont consommé les unités afférentes à celle-ci, maintenant ils attendent que l’on les appelle. Le téléphone – les communications chères – car seuls deux opérateurs existent, situation quasi monopolistique.
Il existe un réel trafic de portables. Des Français en emmènent, les font décoder pour cinquante Dirhams, les vendent cher paient ainsi leurs séjours. D’autres le font en apportant des pièces détachées d’appareils électroménagers, d’automobiles ou encore des ordinateurs d’occasion. Chacun a un truc, un machin, sait comment, se vante.
Grands hommes d’affaires « aux petits pieds » !


