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Petit dialogue
- On reviendra Inch’Allah !
- L’as-tu déjà visité au moins ?
- Non !
- Mais alors comment sais-tu qu’il est magnifique ?
- On me l’a dit…
- Encore une merde, quoi !
- J’en connais un autre tout près.
- Tout près, tu es sur ? Ne me dis pas que « c’est un peu loin ! »
- Tout près, c’est sur.
- Frappe à nouveau sur une porte cloutée.
- “Scoon ?”
- “Sam san”.
- S’ensuit à travers la porte un dialogue que je ne comprends.
- « Zid » - entre -.
- Nous visitons. Maison sans intérêt.
- Combien en veulent-ils ?
- On finit de visiter d’abord, après on parle. Tu pourras discuter.
- Mais, enfin, tu dois bien connaître le prix.
- C’est à toi de proposer.
- Fin de la visite après avoir parcouru l’étage et la terrasse où l’on grimpe grâce à une échelle de bois vermoulue, terrasse où reposent les restes et vestiges, sorte de bric-à-brac poubelle, la terrasse les marocains ne s’en servent pas, sans utilité autre que de servir de débarras.
- Demande lui combien il en veut.
- Car le propriétaire – qui comprend bien le Français – ne me parle pas directement.
- Il dit qu’on lui en a offert un million cinq. Il a refusé, il en veut un million huit.
- Qu’il vende à un million cinq Ils disent tous la même chose à savoir que l’on leur a offert une certaine somme. C’est faux. Ce sont les « sam san » qui leur font miroiter des sommes pareilles. Ils pratiquent l’inflation. Pour eux un Européen est forcement riche. Si j’étais arabe il ne m’aurait pas donné un pareil prix.
- Il demande combien tu offres.
- Il y a beaucoup de frais. Faire des salles de bains, une cuisine, les plâtres et la peinture, le tout à l’égout. Il y en a bien pour cinquante millions de centimes.
- Cà fait quoi, çà ?
- Cinq cent mille si tu préfères.
- Non lui parle en rials il faut multiplier par deux.
- Je vois c’est comme chez nous cinquante ans après on parlait toujours en anciens francs. Quel bordel ça va être l’Euro !
- Il dit : propose.
- Sept cent mille, ça vaut pas plus.
- L’homme lève les bras au ciel, invoque Allah, sourit, semble accepter.
- Il dit qu’il va réfléchir.
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