Marrakech surbooke
Tous les hôtels et maisons d’hôtes, des plus luxueux aux plus simples, même sans confort, bondés, surbookés. Mon Dar : vide !
N’y a-t-il que le mien ?
Soudain, nuit du trente et un Décembre, défilant les uns après les autres, les faux guides, chauffeurs de taxi, bazaristes, serveurs, tout le monde s’y met, emmènent des clients, des marocains, des touristes. Tout le monde cherche à se loger. Visite des chambres, négociations des tarifs. En moins d’une heure toute les chambres sont louées. Ce défilé durera jusqu’à quatre heure du matin malgré l’écriteau que nous avons apposé sur la porte : « Complet ». Alors, achats d’urgence : des couvertures, rideaux (non finis par Bouch), aliments pour le petit déjeuner, préparation d’une « tanjia ». Demain il est probable que j’en sois amené à louer ma propre chambre. Période de pointe, haute saison, prix en conséquence. Ne pas hésiter, ni « faire la fine bouche ». L’hôtel sis au fond du derb qui loue, normalement, ses chambres sans toilettes 40 Dhs, monte ses prix à 300 Dhs. Dans l’année une telle particularité n’a lieu qu’une quarantaine de jours. Cela suffit pour équilibrer les comptes. On couvre tous les frais de l’année : loyer ou amortissement, personnel, nourriture…
Dans le Dar ce soir, veille du nouvel an, les convives dînent, dansent. Partout les patios éclairés de bougies, ombres fantasmagoriques se déployant, les « bouhs », les alcôves, les alcools, les vœux, l’ivresse jusqu’au petit matin.
Bouch qui a trouvé des clients, sitôt sa commission perçue, pressé, disparaît. S’acheter des « joints » probablement.
Les touristes, comme phalènes attirés par la lumière des ampoules, viennent en masse pour les fêtes de fin d’année. La demande en nuitées dépasse l’offre. Les prix flambent. Ceux qui rentrent tard ont festoyé, parlent encore, rient. Ne se lèveront qu’en fin de matinée.
Encore ce soir il en arrive. Sacs à dos. Valises. Italiens, Anglais, Belges. La place n’en a plus ! Impossible de se frayer un chemin. Jouer des coudes. On toque encore à la porte. Pourvu que cela dure ! Chacun ses rêves. Tous les ans – paraît-il – même scène. Il en vient aussi de Casa, Rabat, Fès, de tout le royaume Tout le monde – hôtels, maisons d’hôtes, boutiques, marchands ambulants, guides et faux guides - travaille. Satisfait.
Les touristes cherchent encore à se loger Tous les lieux d’hébergement ont augmentés leurs tarifs, parfois les multipliant par dix. La clientèle captive se soumet.


