L’art de conduire au maroc
Conduire plus qu’une aventure, tout un art : un exploit.
Se faufiler entre les piétons, les ânes, les carrioles, les mobylettes et vélos ; frôler les uns, klaxonner afin qu’un groupe se meuve, éviter les autres, patienter, manœuvrer pour croiser, accélérer vivement sur…5 mètres, freiner, rouler au pas en première sur des dizaines de mètres derrière la foule omniprésente devant, sur les cotés, suivre une calèche, un petit taxi et se perdre dans une venelle infranchissable, reculer avec précaution, gymkhana continuel entre échoppes, étals à même la ruelle, franchir des gravats, sombrer dans des crevasses, escalader un tas de terre ou d’immondices et soudain devant soi…plus personne ! Une rue un peu plus large signe que l’on approche d’une porte, enfin le mur d’enceinte, la double voie. Ouf ! Que nenni. Cela fonce « belek », attention, croisements incertains, engueulades, territoires forcés, klaxons, cela fuse de toutes parts, à l’improviste, de façon aléatoire, imprévisible, doublé sur la droite, dépassé par les mules, les cyclomoteurs qui – sans prévenir- on ne sait pourquoi, virent brusquement ou stoppent carrément pour saluer un passant, discuter milieu de chaussée. L’âne trottine, zigzague, son maître badine mollement, alors conduire nécessite calme, prudence et… « Inch Allah ! ».


